Après avoir marqué pendant près d’un siècle et demi l’histoire industrielle d’Armentières, la filature Breuvart ferme définitivement ses portes en 2001, laissant place à une friche industrielle. En 2014, sa halle centrale est réhabilitée et devient la salle de sport Jean Zay, donnant une nouvelle vie à ce témoin du passé industriel de la ville.
Lorsque Alfred Breuvart fonde sa filature, en 1862, il l’installe sur un terrain de la ville en bord de Lys qui correspond quelques années plus tard au quartier ouvrier de la route d’Houplines. La famille Breuvart est assez connue à Armentières, le frère d’Alfred, Eugène a quant à lui fondé la brasserie Breuvart, rue des Fusillés, en 1858.
L’usine d’Alfred transforme la fibre de lin en fils destinés à la fabrication de vêtements, notamment des uniformes des armées française et britannique ainsi que ceux des sapeurs-pompiers de Paris. Les ouvriers accèdent à l’usine par l’avenue Breuvart, bordées de maisons ouvrières et de contre-maîtres construites par l’industriel.
Avant 1914, l’usine compte 6000 broches et emploie 370 ouvriers. En 1917, elle est détruite par des obus incendiaires lancés sur la ville par les Allemands. Elle est reconstruite en 1922 et est alors dirigée par Alfred Breuvart, le petit-fils du fondateur. Malgré les premières difficultés éprouvées par l’industrie linière dans les années 1950, en raison de l’apparition des fibres textiles synthétiques, moins coûteuses et plus faciles à produire, la filature Breuvart maintient sa production. Mais les premières difficultés apparaissent à la fin des années 1980. À la fin des années 1990, l’usine accuse une perte d’activité de 61 % et ferme définitivement ses portes en 2001, licenciant 74 employés. Le bâtiment est alors laissé à l’abandon, c’est ce qu’on appelle alors une « friche industrielle ».
À la fin des années 2000, un projet d’envergure est à l’étude. Il s’agit de la construction d’un nouveau collège Desrousseaux pour remplacer l’ancien, inauguré en 1971 rue Paul Bert. Le choix de l’emplacement se porte sur l’ancien abattoir de la ville qui doit pour cela être démoli. Ce bâtiment, construit en 1870, fermé en 1972, accueillait depuis 1973 des associations sportives en complément du complexe sportif voisin. Il s’agit donc de trouver un nouveau lieu pour les accueillir et la commune voit en la friche voisine une belle opportunité. C’est aussi un moyen de conserver et de valoriser un patrimoine architectural typique du passé industriel de la ville. L’ensemble du site ne pouvant être réhabilité, seule la halle centrale est conservée. Après un temps de travaux, la nouvelle salle Jean Zay est inaugurée en 2014.

