De marché couvert à équipement culturel, les halles d’Armentières illustrent la capacité d'un équipement public à se transformer au fil du temps pour accompagner l'évolution des usages, tout en conservant son rôle central dans la vie collective.

Construites en 1883 en bord de Lys, les halles étaient à l'origine un marché couvert où se côtoyaient maraîchers, poissonniers, bouchers et charcutiers. C’était un véritable lieu de vie et d'échanges qui rythmait le quotidien des habitants.

La place des halles avant 1914

Comme une grande partie de la ville, le bâtiment est gravement endommagé lors des bombardements de la Première Guerre mondiale.

Les ruines des halles en 1918

Sa reconstruction, achevée en 1926, est confiée à l'architecte Louis-Marie Cordonnier. Il imagine un édifice qui s'intègre à un nouvel ensemble urbain composé de l'hôtel de ville, de l'église et du monument aux morts, autour d'une place entièrement réaménagée.

Les halles en 1925

Au fil des décennies, les halles connaissent diverses utilisations, répondant aux besoins de l’époque.

Durant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à août 1944, elles sont réquisitionnées par l'armée allemande et transformées en dépôt de véhicules et de matériel militaire. À la Libération, le bâtiment retrouve sa vocation d'équipement public.

Une première réhabilitation intervient en 1954 avec la transformation des halles en salle de sports accueillant notamment les rencontres de handball et de basket-ball. En 1957, le lieu élargit encore ses usages en devenant salle des fêtes où se tient bals, banquets et manifestations associatives.

La salle de basket vers 1970
La salle des fêtes en 1988

En 1986, la création de l'Office municipal de l’animation et de la culture d’Armentières (OMACA) marque une nouvelle étape dans l'histoire du bâtiment. La volonté est alors de rénover et transformer les halles en véritable équipement culturel, capable d'accueillir des concerts, spectacles, conférences et expositions. Le projet est confié à l'architecte-scénographe lillois Gérard Frisque, qui agrandit et repense les espaces tout en préservant l'identité du bâtiment.

Transformation de la salle des fêtes en salle de spectacle Le Vivat en 1988
Transformation de la salle des fêtes en salle de spectacle Le Vivat en 1990

Après plusieurs mois de travaux, le nouvel espace culturel ouvre officiellement ses portes le 24 mars 1990 sous le nom de Le Vivat, une appellation qui fait écho aux traditions flamandes. Cette réhabilitation transforme les anciennes halles en une salle de spectacle moderne et modulable.

Aujourd'hui, Le Vivat dispose d'une salle de 600 places et d'un vaste plateau de 200 m² permettant d'accueillir expositions, rencontres et événements culturels. Lieu de diffusion, de création et de médiation, il reçoit des artistes et des compagnies de théâtre, de danse, de musique ou d'humour, tout en développant de nombreuses actions avec les établissements scolaires afin de faire découvrir les arts de la scène aux plus jeunes.

Vue aérienne du Vivat en 1991